Le Tam­bour des doléan­ces… adresse aux réseaux des Uni­ver­si­tés Popu­lai­res

 

En 1788, à la veille de la Révo­lu­tion Fran­çaise, alors que les États Géné­raux n’avaient pas été réu­nis depuis 1614, les citoyens, tous ceux qui aspi­raient à le deve­nir, se sont assem­blés dans les vil­les et les vil­la­ges, pour rédi­ger des « cahiers de doléan­ces » . Avec l’alliance des let­trés de l’épo­que, ils ont ana­lysé et exprimé ensem­ble des situa­tions d’injus­tice qui leur appa­rais­saient inac­cep­ta­bles, for­mulé des deman­des et des pro­po­si­tions de refonte des ins­ti­tu­tions socia­les et poli­ti­ques.

Pro­gres­si­ve­ment ras­sem­blés, ces « cahiers de doléan­ces » ont cons­ti­tué un véri­ta­ble pro­gramme pour la Révo­lu­tion. Ils ont impulsé la dyna­mi­que éga­li­taire qui a cons­ti­tué l’un des socles popu­lai­res actifs de la période révo­lu­tion­naire, en par­tie tra­duite par les repré­sen­tants dans la loi.

Aujourd’hui, nul Roi ne con­vo­que des États Géné­raux. Nous vivons, dit-on, « en démo­cra­tie », et ensem­ble nous som­mes ce peu­ple que l’on dit « sou­ve­rain ». Nous éli­sons, régu­liè­re­ment, des « repré­sen­tants ». Mais nous aussi avons le sen­ti­ment vif qu’en dehors des brè­ves pério­des élec­to­ra­les, en dehors aussi des pos­si­bi­li­tés offer­tes de mani­fes­ta­tion et de pro­tes­ta­tion, les temps et les lieux man­quent pour éla­bo­rer ensem­ble, col­lec­ti­ve­ment, des pro­po­si­tions sus­cep­ti­bles d’amé­lio­rer la vie col­lec­tive, d’intro­duire plus de jus­tice, plus d’éga­lité, plus de cul­ture, dans une société dont les capa­ci­tés d’inven­tion et d’action ne sont pas recon­nues.

Le mot doléance appar­tient à la même famille que celui de dou­leur et de deuil (dolere), exprime l’idée de tris­tesse et de plainte, mais aussi le pro­jet d’une demande de jus­tice que l’on réus­sit à expri­mer, à for­mu­ler, pour s’aper­ce­voir que d’autres vivent les mêmes dif­fi­cul­tés, et par­ta­gent les mêmes espé­ran­ces.

Aujourd’hui à l’école (ou dans la dés­co­la­ri­sa­tion), au tra­vail (ou dans l’absence de tra­vail), aux fron­tiè­res d’une Europe ou d’une France dont le gou­ver­ne­ment défait cruel­le­ment les tra­di­tions d’hos­pi­ta­lité, dans les hié­rar­chies et les ter­ri­toi­res d’une société et de par­tis poli­ti­ques qui res­tent très cloi­son­nés, nom­breu­ses sont les expé­rien­ces d’empê­che­ments ou même de vio­len­ces, nom­breux aussi les atten­tes et les espoirs d’une vie meilleure.

Dire cela, le dire aux autres mais aussi à soi-même. Déve­lop­per ensem­ble notre capa­cité de réflé­chir, à pro­po­ser et à agir. Nous en appe­lons à la rédac­tion et la publi­ca­tion de nou­veaux cahiers de doléan­ces.

 

« Tam­bours des doléan­ces » est né à l’ini­tia­tive d’un col­lec­tif citoyen, au prin­temps 2010. Un appel et une pre­mière série de doléan­ces ont été publiés dans le Numéro d’Automne 53 de la revue Vacarme.

L’opé­ra­tion dis­pose d’un site inter­net : www.letam­bour­des­do­léan­ces.org ; et d’une adresse élec­tro­ni­que : cour­rier@­le­tam­bour­des­do­lean­ces.org . Les doléan­ces recueillies seront assem­blées et publiées à par­tir du début 2011, por­tées à la con­nais­sance de tous, dis­po­ni­bles pour une réé­la­bo­ra­tion col­lec­tive des pro­jets com­muns.

À Paris dans le 18ème arron­dis­se­ment, le Tam­bour des doléan­ces sera relayé par l’UP18 « Nous avons encore besoin des huma­ni­tés » / Uni­ver­sité Popu­laire du 18ème arron­dis­se­ment de Paris.

UP 18 orga­nise, les Ven­dredi 10 et Samedi 11 Décem­bre aux Ate­liers Fran­cœur (26 rue Fran­cœur 75018 Paris Métro Lamarck Ligne 12), un mix de week-end : « DEVE­NIR LIBRE, DEVE­NIR SOU­VE­RAIN ? » pour com­plé­ter le cycle des cours d’automne : « Auto­rité/Sou­ve­rai­neté/Domi­na­tion » . Trois évé­ne­ments sont pré­vus :

A par­tir du 10 Décem­bre : UNE EXPO­SI­TION « DOLÉAN­CES », par Adrien Zamitt et Nico­las Fillo­que (For­mes Vives).

Le Ven­dredi : UNE TABLE RONDE : EDU­CA­TION ET EMAN­CI­PA­TION (à 20h15) – Invi­tés Ariane Chot­tin (psy­cha­na­lyste), Hubert Vin­cent (phi­lo­so­phe).

le Samedi 11 Décem­bre (à par­tir de 15h) : UN ATE­LIER DE REN­CON­TRE ET D’ÉCRI­TURE DES DOLÉAN­CES.

Une boîte à let­tres pour recueillir les doléan­ces sera aussi ins­tal­lée 26 rue Fran­cœur 75018 Paris.

Merci à vous de relayer, de faire cir­cu­ler, de faire pas­ser vos sug­ges­tions et pro­jets.